moto cramée_ok

 Elle est impressionnante cette France qui va lentement (quoique) mais surement vers le totalitarisme postmoderne et High-tech. On voit évidemment les idées du Front National, fondé par les nostalgiques des croix de Feu, du pétainisme couard et des sympathisants du nazisme, s’ancrer dans le vote populaire par dépit, par ignorance, par lassitude et aussi « pour essayer ». Pour se souvenir comment marche la montée du fascisme (et de sa forme paroxystique, le nazisme), relire évidemment Wilhelm Reich… (entre autres). Les fascistes se servent toujours de la démocratie pour arriver au pouvoir et avant d’y installer les chemises brunes et les polices parallèles qui viennent un jour où l’autre cueillir ceux qui ont voté pour eux.

Curieux comme les mouvements (ou les think tanks) évangélistes ont réussi à noyauter la droite bcbg française pour remettre en question le droit à l’avortement, les droits homosexuels et le refus du multiculturalisme.

On assiste depuis 40 ans à la disparition de la classe ouvrière, du monde des petits, des sans grade, des sous éduqués, la chair à paté de l’hypercapitalisme débridé qui remplace les humains par des machines et qui refilent un emploi plutôt qu’un Travail histoire de banaliser l’indignité.

Il ne faut jamais oublier que ce sont des hommes qui font cela à d’autres hommes…

La mobilisation désordonnée de catégories sociales disparates entrainée par la loi Travail du ministre El Khomri imposée à coups de bélier par le 49-3, a engendré un phénomène de vindicte populaire attisée par la curée médiatique consensuelle des chaines d’infotainment qui s’en donnent à « cœur joie » pour discréditer ceux qui résistent aux effets pervers (nombreux) du capitalisme de gauche. Il est de bon ton en ce moment de se défouler sur le prolo syndicaliste. On entend (ou on laisse entendre) que ce sont ces ringards de syndicalistes qui empêchent la France d’aller mieux et d’être « à la  hauteur » des grandes économies actuelles et des enjeux de l’époque. On oublie que les enjeux de l’époque ont été fixés par les 3% de ceux qui tiennent les rênes du monde tout en donnant aux sociétés démocratiques l’illusion d’un bonheur brillant de « jolies marchandises » (Cendrars). On oublie qu’en bas de « l’échelle sociale » (ou, de la pyramide, les métaphores dépendent des époques), il y a les petits, les besogneux, ceux qui pointent à heure fixe. On oublie aussi que cette économie est basée sur l’exploitation des sous-prolétariats du tiers-monde. Je parle de ceux qui sont privés des droits les plus élémentaires pour prétendre à une vie digne.

Ici, j’observe le consensus mou qui consiste à dénoncer les syndicalistes ouvriers comme étant les ennemis du peuple alors que ce sont les grands trusts, les hyper holdings du CAC40 et du Nasdaq qui détournent l’argent des démocraties à leurs profits à longueur d’année. Même le dernier président de droite, Sarkozy, avait fini par plaider (du bout des lèvres, certes) pour la taxe Tobin (une idée en provenance des écolos à l’origine). Le 0,01% prélevé sur les marchés financiers, suffirait à régler le trou de la sécu, les déficits publics et une partie de la faim dans le monde.

La curée populaire que j’observe sur les réseaux sociaux, y compris chez des amis qui ont mal vieilli, consistant à traiter de tous les noms d’oiseaux les syndicalistes qui essaient de faire valoir les droits des éboueurs, des cheminots ou des manœuvriers de raffineries, a ceci d’affligeant qu’elle illustre assez bien en quoi cette France est prête pour voter front national. Ces bons français, convaincus qu’ils pensent pour le bien, en sont même à s’apitoyer sur des brigades de CRS ou de gardes mobiles ultra violentes (dont le métier consiste à réprimer sans réfléchir toute espèce de résistance populaire d’où qu’elle vienne) dès que ceux-ci se sont pris un « nion » ou une bonne raclée (pour une fois).

Les plus séniles d’entre eux, ces bons français d’un genre nouveau, sont scandalisés qu’une compétition de football soit perturbée par des grèves !!!! Ils ont honte pour leur pays figurez-vous… Voyez-vous cela. Enfin mais quoi ?! Perturber une compétition sportive ?! Mais comment peut-on oser?

Le « donnez leur du pain et des jeux » s’est transformé en « donnez leurs des téléphones portables, une télé et des matches de n’importe quoi » et ils oublieront d’où vient le mal. Cela fait 50 ans que le peuple de France n’est plus révolutionnaire. Il ne lit plus le journal, les livres, il ne parle même plus le français correctement.

Il est tout juste bon à se plaindre des marées noires entre la poire et le fromage mais empêche-le de voir le match ou de démarrer son scooter et là il dénonce son voisin. Aujourd’hui le voisin coupable est un syndicaliste ouvriériste. Les néofachos n’ont même pas à se casser la tête pour pondre un programme de gouvernement. TF1 et ses filiales ont fait le job. Nos français de début de siècle sont prêts. Le cul devant la télé, ils contemplent les courses de formule1 et les hommes-sandwiches des pelouses sponsorisés par les régimes médiévaux musulmans.

Pendant ce temps-là, la vague se recule. Elle prend son élan. Elle arrive.